Quand le big data permet de gagner un match

Quand le big data permet de gagner un match

24 juillet 2018 Non Par Yacine Hamdad

20 ans après, l’équipe de France ajoute une seconde étoile sur son maillot dans une coupe du monde qui a vu des outsiders tels que la Russie ou encore le Japon jouer très au-dessus de leurs niveaux.

Dans le même temps, l’Equipe de France des moins de 20 ans de rugby féminin a fini pour la première fois parmi les trois premiers au classement au Championnat du monde junior. La France était invaincue dans les matchs de poule, battant l’Afrique du Sud, l’Irlande et la Géorgie. L’équipe a vaincu les néo-zélandais six fois champions en demi-finale et battu l’Angleterre 33-25 dans le match final pour devenir champion du monde.

Au mois de mai 2016, Leicester City a gagné à la surprise générale la première league anglaise, les bookmakers ont dû se rendre à l’évidence. Ils allaient devoir passer à la caisse. Il s’agissait bel et bien de la plus grosse cote de l’histoire du sport britannique, mais Leicester « l’avait fait ».

Point commun de tout cela ?

Ces équipes se sont appuyées sur l’analyse de données pour optimiser les performances de ses joueurs et adapter ses tactiques en quasi temps réel.

Cas Leicester

Le staff de Leicester reçoit des données compilées après chaque match. Ces informations ont permis d’améliorer la personnalisation des entraînements avec des informations sur l’état physique du moment des joueurs, les distances qu’ils parcourent, des retours sur leurs sprints ou sur leurs courses à haute intensité, tout cela grâce à un GPS porté durant l’entrainement. Avec à la clef, une meilleure condition générale des sportifs. Or les spécialistes s’accordent à dire qu’un des facteurs du succès de Leicester est le nombre anormalement faible de blessures qu’a subies l’équipe pendant la saison.

Les joueurs de toutes les équipes de Leicester ont porté ce tracker dans le haut de leurs dos pendant les entraînements. Les données ainsi remontées ont permis de modéliser les charges de travail supportées par chaque joueur et d’avertir le staff dès qu’un de ceux-ci dépassait sa limite habituelle. Autrement dit, quand un joueur entrait dans le rouge et risquait une blessure.

Mieux, au sein de son King Power Stadium, Leicester dispose d’une « war room » pour ses data analystes. Cette pièce névralgique est reliée aux vestiaires de telle sorte que les joueurs et le staff disposent à la mi-temps des enseignements statistiques lors des 45 premières minutes dès que le coup de sifflet final retentit, les matchs sont traduits en données et en statistiques. Elles sont ensuite archivées avec des données des joueurs et des benchmarks (par exemple comment un joueur ou l’équipe a performé dans tel ou tel domaine comparé à la moyenne de la saison). De telle sorte que les enseignements de la partie sont prêts à être exploités dès la causerie du lundi matin.

Cas Equipe de France Rugby

L’équipe de France a utilisé les données « STATS Plus » qui ont permis à l’équipe de recevoir des rapports complets sur le jeu et une analyse des joueurs dans les 24 heures suivant un match. L’équipe a également utilisé le STATS Portal™, une bibliothèque vidéo globale, pour soutenir les coaches et les analystes dans la préparation des matchs et fournir un contenu vidéo partageable instantané.

« Grâce aux données et aux rapports du portail STATS, nous avons ciblé la performance des joueurs à la fois pour les joueurs de rugby français et pour notre compétition », a ajouté Gilles SOIRAT, analyste des performances de l’équipe de France de rugby à XV des moins de 20 ans. « Ces informations nous ont préparés pour notre brillante victoire au Championnat du monde de rugby des moins de 20 ans de cette année. »

STATS, leader mondial en données et renseignements sportifs, a fourni des données à l’équipe de France de rugby à XV des moins de 20 ans dans son premier Championnat du monde de rugby des moins de 20 ans.

Les analyses et la suite de données sur le rugby de STATS ont aidé l’équipe à évaluer ses joueurs comme jamais auparavant et à obtenir une analyse approfondie des joueurs pour déterminer quelle approche avoir durant le match et ainsi remporter la compétition mondiale.

Cas Equipe de France Football

Pour la première fois cette année, les staffs techniques peuvent connaître, chiffres à l’appui et en temps réel, l’état physique de leurs joueurs. Un outil que Didier Deschamps a utilisé lors de cette coupe du monde remportée par l’équipe de France.

Dans le camp français, l’information circule depuis l’équipe d’analystes, installée en tribunes équipée de caméras et serveurs qui analysent les mouvements des joueurs, jusqu’à Grégory Dupont, « responsable de la performance » chez les Bleus, présent sur le banc de touche.

Connecté via une tablette, il perçoit alors des paramètres précis : distance parcourue, vitesse, répétition des efforts et rythme cardiaque. Objectif : nourrir la réflexion du sélectionneur en matière de coaching. Ainsi, la sortie prématurée d’Antoine Griezmann (dès la 70ème minute) résulte des impressions techniques du coach et des données physiques dont il a eu connaissance.

Spécialisé aussi dans l’exploitation des données statistiques, Dupont équipe les joueurs de GPS, non seulement à l’entraînement mais en match. Une grande première dans une Coupe du monde, autorisée par la Fifa.

Ainsi, les joueurs ont pu être préservés et encore une fois, aucune blessure n’est venue ternir la compétition pour l’équipe de France.

Ajouté à cela aux analyses post-match, aux rapports détaillés sur les adversaires, Didier Deschamps avait toutes les cartes en main pour mener cette équipe de France vers sa seconde étoile.